Le Perce-oreille géant de Sainte-Hélène : découverte de restes fossiles dans la grotte de Sharks Valley 

Par Hervé Guyot

Opie

En 2016, Bruno Didier a rédigé dans nos pages d’Insectes 180 un premier article synthétique relatif à cette espèce endémique disparue de l’Île de Sainte-Hélène (territoire d’outre-mer britannique). De nouveaux éléments viennent d’être mis à jour par une équipe de chercheurs dans le courant de l’année 2025, qui enrichissent les connaissances que l’on peut avoir de cette espèce emblématique. 

De nouveaux espoirs pour le perce-oreille géant

Le gouvernement de Sainte-Hélène (SHG) se félicite en effet d’une découverte significative issue de cette expédition scientifique internationale. Celle-ci offre de nouvelles perspectives essentielles sur la biodiversité perdue de l’île et remet l’accent sur la conservation dans la partie orientale de l’île. 

L’équipe internationale, travaillant dans le cadre du projet « AtlantAves » (financé par l’Agence nationale de la recherche française), a achevé sa troisième campagne de fouilles en août 2025. 

Alors qu’elle cherchait des os fossiles d’oiseaux dans une grotte de Sharks Valley, l’équipe de chercheurs de l’Université de Lyon (France), du Muséum d’histoire naturelle de Londres (Royaume-Uni), ainsi que du St Helena National Trust et du St Helena Research Institute, a mis au jour un nouveau site fossilifère. 

Cet endroit a livré de nombreux ossements d’oiseaux marins endémiques éteints ainsi qu’un grand nombre de restes d’insectes, y compris des preuves de présence du célèbre invertébré perdu de l’île : le Perce-oreille géant de Sainte-Hélène (Labidura herculeana). 

Les nouvelles découvertes concernant l’espèce comprennent au total quatre grands forceps (pinces) mâles dont l’un des plus grands jamais mesurés, atteignant 3,1 cm ainsi que deux forceps femelles. 

Des restes du Carabe géant de Sainte-Hélène (Aplothorax burchelli), lui aussi supposé éteint, ont aussi été mis à jour. 

Le Perce-oreille géant, le plus grand du monde et qui constituait probablement autrefois le régime alimentaire principal de la Huppe de Sainte-Hélène (Upupa antaios, oiseau également éteint) a été déclaré éteint en 2014, le dernier spécimen vivant ayant été observé en 1967. 

Il a fait l’objet de l’édition de deux timbres en Angleterre (32 pence en 1982 et 1 livre en 1995) et d’un de 1000 FCFA en République Centrafricaine en 2023 dans une série relative aux insectes éteints. 

Une fenêtre remarquable sur le passé 

Cette découverte du Perce-oreille géant et d’autres insectes éteints à Sharks Valley est d’une immense importance. Elle étend considérablement l’aire de répartition historique connue de cette créature emblématique bien au-delà du dernier site d’observation à Horse-Point plain, suggérant qu’il habitait probablement toute la partie Est de l’île. 

Informer les futurs efforts de conservation

Bien que l’espèce reste officiellement éteinte, le SHG soutient l’évaluation de l’équipe de recherche selon laquelle cette découverte crée l’espoir que les vastes habitats de l’Est de l’île pourraient encore abriter des populations isolées et non découvertes de cette faune endémique unique, ou d’espèces similaires. 

Tous les restes d’insectes récupérés, y compris les fossiles du Perce-oreille géant, ont été confiés au St Helena National Trust. Ces vestiges constituent les premières pièces de la nouvelle collection de référence d’insectes du Trust, qui sera vitale pour la recherche future, la conservation et l’éducation concernant les invertébrés uniques de l’île.

*D’après un communiqué de presse transmis par Sebastian Stent | Service Communication | The Castle | Jamestown | St Helena 

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